Chap. 1 L’épine d’Eglantine, un conte d’une sombre gourmandise…

Coucou mes chatons, voici un post un peu spécial. En effet, je vous dévoile en exclusivité le premier chapitre du gros conte que je suis en train d’écrire. Il s’intitulera « L’épine d’Églantine ». Pour vous laisser la surprise, je vous invite à y plonger sans aucune retenue ni indications… Je vous souhaite une bonne lecture !

Chap.1 

Bonbons & Malédiction

L'épine d'eglantine - chap 1 - le char3 - studio de creation - qui a vole les tartes

Par delà les monts & les vallées, aux confins d’un royaume glacé,  une jeune femme, qui répondait au doux nom de Nina, errait depuis plus de temps qu’elle n’arrivait à se souvenir. Elle avait échappé de justesse à la maladie qui avait ravagée son village il y a quelques jours de ça. Perdue et transie de froid, elle était à la recherche d’un moyen de se réchauffer et de se sustenter pour elle et les jumelles qui allaient bientôt être là. Une main posée sous son énorme ventre et un bras luttant contre le vent glacial, elle avançait péniblement, quand elle sentit sous ses doigts un battement suivi d’un long gémissement, puis un autre battement suivi d’un gémissement plus long encore.

Elle s’arrêta. Elle grelottait. Devant elle, une petite échoppe sinistre venait d’apparaître derrière le brouillard épais. A travers les vitres poussiéreuses, un feu tremblotant crépitait timidement. Elle frissonna. Puis, un autre battement suivi d’un nouveau gémissement la sortie de sa torpeur. Elle devait se mettre à l’abri. Elle poussa la porte qui lui résista. Mais, elle avait de la force pour trois, et dans un craquement effrayant, le bois céda et elle s’affala sur le sol gelé. Elle ne bougea pas. Elle ne tenta pas de se relever. Elle était fatiguée, si fatiguée… Ces paupières se fermèrent et elle sombra dans un de ces sommeils si lourd que les rêves ne peuvent pas s’y glisser.

Elle fut réveillée par un nouveau battement. Plus insistant cette fois. Dans le foyer, le feu avait été nourri. Elle repoussa la couverture que l’on avait posée sur elle et plaça ses mains sur son ventre. Un battement ! Puis un autre ! Les jumelles s’en donnaient à cœur joie ! Nina sourit. Les gémissements avaient disparu remplacés par des gargouillements. Elle parcourut la pièce du regard à la recherche d’un petit quelque chose à manger. Au fur et à mesure que ces yeux se posaient ça et là, son visage s’illuminait et ses yeux s’écarquillaient. Devant elle, la table, les étagères débordaient de mets qui semblaient tous plus délicieux et alléchants les uns que les autres : tartes aux fruits, gaufres dégoulinantes de miel, montagne de biscuits, guirlandes  de guimauves, ronde de sucettes, bonbons multicolores, cascade de chocolat…

Elle se frotta les yeux pour être sûre qu’elle ne rêvait pas. Puis tiraillée par la faim, elle ne put résister… Une gourmandise en amenant une autre, elle s’empiffra de ces merveilles jusqu’à n’en plus pouvoir quand un unique et étrange couvert apparut comme par magie. Au moment où elle s’approcha, un petit sucre d’orge posé à côté s’ébranla, bailla et au centre de cet étrange plat écrivit :

« A ma table convié,

ta faim tu peux apaiser,

larmes amères & goût sucré,

Par la gourmandise des enfers, suave & acidulée,

Prend garde à ne pas te laisser tenter…

larmes de sucre & goût amer,

 du vrai bonheur tu te délecteras,

mais, à ma malédiction tu goûteras,

 Mer de larmes & goût de brûlé. »

Puis le texte s’envola dans les flammes qui maintenant léchaient l’antre comme si elles voulaient la dévorer… Alors le petit sucre d’orge dans un cri strident, se tordit de douleur et explosa en mille morceaux. Une pluie de paillettes rouges et blanches retomba sur les mets qui semblaient comme endormis. Et sous le regard ébahit de Nina, gâteaux, bonbons et biscuits prirent petit à petit vie.

Les sablés s’étirèrent comme s’ils sortaient d’un sommeil de 100 ans et nonchalamment saisirent dragées, berlingots et papillotes pour se façonner armes et boucliers de fortune… Soudain, l’un d’eux se mit à hurler « N’en perdez pas une miette ! » Ils se jetèrent alors dans une bataille acharnée pour se réduire en charpie. Quand il ne resta plus qu’un tas dominé par un seul et valeureux soldat, un petit cheval de réglisse tirant un char improvisé vint récupérer « les émiettés ».

« Pitié ! Non ! Pitié ! » Nina se tourna vers le feu de cheminée où une motte de beurre qui gémissait, implorée grâce à des œufs ravisseurs qui était en train de la faire suer.  Un des deux  récupéra quelques gouttes  du liquide doré dans sa coquille fêlée et embarqua sur le convoie singulier où le canasson hennit d’indignation sous le poids du malandrin.

Après avoir été chercher ici une poignée de bonbons chanteurs et là pêcher une pépite d’or au fond de la cascade de chocolat, le char finit sa course au milieu de l’étrange couvert qui était à présent enveloppé d’une lueur « irréelle ».

Toute cette petite pagaille ensorcelée se mit en besogne pour confectionner, avec les ingrédients qu’elle venait de récolter, un gâteau si abominable et si répugnant que Nina ne put réprimer un cri de dégoût et ferma les yeux horrifiée.

Elle ne sait pas combien de temps elle resta comme ça, les mains devant les yeux,  tremblante de peur. Dans son ventre, les jumelles ne bougeaient plus. Puis quand le silence fut complet et pesant, elle écarta, avec ce qui lui restait de courage, un doigt, puis deux… Le gâteau était en train de la dévisager de ses yeux globuleux, sa toison de crème reflétait les flammes de la cheminée, sa queue qui l’enroulait se finissait par trois stalagmites de sucre menaçantes. Ses oreilles disproportionnées qui semblaient entendre les murmures d’un autre monde lui donnait un air presque ridicule.

Nina commençait à se décrisper devant cette situation cocasse lorsque la boule de crème dévoila dans un rictus béant des rangées de dents… des milliers de dents toutes plus aiguisaient et luisantes que des lames d’un poignard – Elle n’avait bien sûr pas pu toutes les compter, mais il y en avait tellement… -   Il déroula une interminable langue, recouverte d’épines acérées. Au bout, un frêle bourgeon tressauter et sangloter, laissant échapper toute la sève sucrée de son petit corps. Malgré son aversion, Nina attendrie tenta d’approcher sa main pour le réconforter mais elle se piqua à une des épines. Une goutte de sang tomba sur lui et du frêle bouton, une rose sauvage aux pétales d’un rouge profond s’épanouit. En son cœur, la plus belle et la plus appétissante des gourmandises qu’elle avait vue à ce jour ! Si délicate, si brillante, si exquise qu’on eut dit qu’elle avait été façonnée par la main d’un anges.

Nina était émerveillée. Devait-elle y goûter… Mais  l’avertissement résonné en écho dans sa tête :

« Par la gourmandise des enfers, suave & acidulée,

Prend garde à ne pas te laisser tenter…»

Mais si elle ne mangeait que la moitié… Un battement, puis un soupir. Comme si les jumelles pouvaient voir à travers elle pour lui réclamer. Ou peut-être était-ce pour l’avertir… Un battement, puis un autre. Les jumelles cognaient de plus en plus fort. Nina était comme hypnotisée. Les douceurs qu’elle avait ingurgitées quelque temps plus tôt lui semblaient si fades désormais. Juste un bout. Juste une bouchée…

Dès que ces lèvres se furent posées sur la plus délicate, la plus brillante, la plus exquise des douceurs, un nuage de sucre l’enveloppa et Nina se retrouva au milieu d’un champ, des rires d’enfants tintaient à ses oreilles. Elle aperçue ses jumelles. Elles criaient, jouaient, s’attrapaient dans la lumière du soleil qui commençait à se coucher…  Elle les appela pour leur dire de rentrer. Docilement, les petites filles coururent vers elles,  sautèrent à son cou pour l’embrasser et lui murmurèrent combien elle l’aimait. C’est alors que Nina ressentit de violentes contractions. Le nuage de sucre se dissipa aussi vite qu’il était apparu. Elle essaya de le retenir mais en vain…. furtivement, il se reforma en deux mains hideuses et crochues qui voulurent l’attraper. Nina tenta d’esquiver mais il était trop tard, les mains brumeuses et puissantes la saisirent aux épaules pour la maintenir fermement. Dans son ventre, les jumelles tambourinaient comme si elles suppliaient pour qu’on les fasse sortir. A son oreille, les flammes de la cheminée, qui à présent  l’entouraient, fredonnées ardemment :

« La patissorcière est là. Frissonne mélasse & praline… De son œil en sucre, on ne peut rien lui cacher. Tremble caramel & tartine. De sa chevelure hirsute, craint sa morsure. Boue ambroisie & saccharine. Par sa sève empoisonnée, la faute t’impute, car, à l’églantine tu as goûté. »

Les flammes allaient reprendre de plus belle, quand soudain elles se turent et s’écartèrent, Nina vit une femme d’une grande beauté s’avancer. Siffletis et siffletant. La malice transparaissait de l’unique œil qui la toisait, l’autre de sucre semblait voir à travers elle. Siffletis et siffletant. Sa chevelure en mouvement perpétuel dansait avec le feu. Puis d’une voix douce comme le miel, la patissorcière parla :

« Ne soit point effrayée belle enfant, malgré mon avertissement le bonheur t’attend avec une de tes enfants. Je ne peux pas en dire autant de l’autre de tes progénitures qui, de son âme pure, va devoir expier tes pêchés. »

Nina voulut implorer pitié mais la sorcière qui se tenait à quelques centimètres de son visage à présent, posa un doigt sur sa bouche. Dans la lumière des flammes, Nina pu voir que sa peau translucide était marbrée de traits sombres – En effet, dans ses veines coulait non pas du sang mais un épais liquide noir appelé mélasse… – Mais le plus surprenant était sa chevelure faite de ronces et de serpents en chocolat qui s’entrelaçaient et se battaient. Leurs crocs luisants et leurs langues qui sifflaient, les rendaient tellement menaçants que Nina en était pétrifiée.

Quand celle-ci repris, elle put sentir l’haleine suave et sucrée de la patissorcière :

« Privée de sentiments, elle n’aura goût à rien. Qu’ils soient de miel ou de fiel cela ne changera point. Elle ne ressentira ni la chaleur d’une mère, ni le froid mordant de l’hiver. A deux et pourtant si seule, dévorer par le vide, avançant sans peur vers une inexorable fin. »

Alors la pâtissorcière farfouilla dans ces cheveux et détacha un des serpents pour l’approcher du ventre de Nina. Désespérément, elle tenta une nouvelle fois de s’échapper de l’étreinte, mais les mains broyèrent ses épaules. Elle poussa un cri et impuissante vit la queue du serpent disparaître dans son nombril. Quelques minutes s’écoulèrent avant qu’elle ne ressente une vive douleur et s’évanouisse.

Le cri déchirant d’un enfant la ramena à elle. Allongée sur le sol, Nina tenait dans ses bras les plus adorables bébés qu’elle avait vu à ce jour. L’une pleurait à chaudes larmes tandis que l’autre restait de marbre. Puis, des bribes de ce qui s’était passé resurgir brusquement… Paniquée, elle regarda de tous les côtés à la recherche de la patissorcière, prête à bondir pour défendre ces enfants… Mais rien, la cabane qui était désormais vide semblait si tranquille comme si rien ne s’était passé. Avait-elle rêvée ?!

Rassurée, elle regarda attendrie et soulagée ces petites merveilles. Emmaillotées dans des draps d’un blanc immaculé, leur beauté était d’autant plus éblouissante. Alors qu’elle ne se lassait pas de les admirer, son regard fut attiré par quelque chose qui brillait dans les plis. Délicatement cousu en fil de miel était brodé les prénoms de ces filles…

« Rosaline » et « Eglantine » étaient nées.

 

Voici quelques pistes pour vous imaginer le reste des aventures de Nina, Rosaline et d’Églantine…


L'épine d'eglantine - chap 1 - le char3 - studio de creation - qui a vole les tartesCheval de réglisse avec son char improvisé récupérant les émiettés et transportant un œuf ravisseur 

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La part de gâteau au chocolat - Qui a vole les tartes - Studio de creationLe monstre vorace est en réalité fait de bave, il garde la rue de la voracité et contrôle une armée de mufaims 

 

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Le char montage1 - Studio de creation - Qui a vole les tartes
Les vers de coeur montage1 - Studio de creation - Qui a vole les tartes
La reine des abeilles montage1 - Studio de creation - Qui a vole les tartes
Les braillardes montage - Studio de creation - Qui a vole les tartes
 Au plaisir d’avoir vos retours sur ce premier chapitre…
8 commentaires sur “Chap. 1 L’épine d’Eglantine, un conte d’une sombre gourmandise…”
  1. WAOUUUUUUUUUU :* :* :*
    Super premier chapitre j’ai hâte de lire la suite. trop de curiosité surtout avec le teaser photographique.
    Bref au top :)
    (Sinon tu regarderas le 4eme paragraphe  » puis, tiraillait pas la fin… » je crois que la conjugue est po bonne xD)
    Des bisouuuuuuuuuuus

    1. Ohhh merciii mon Lolo pour ce chouette retour :D Hâte que tu découvres la suite !!
      (Sinon, j’ai regardé, effectivement il y avait bien une faute, j’ai préféré vérifier quand même :p)
      Gros bisouus mon Polak préféré (Normal je n’en connais qu’un) <3

  2. UN DÉBUT DE CONTE VRAIMENT PROMETTEUR QUI DONNE ENVIE DE LIRE LA SUITE ET L ILLUSTRATION EST FÉERIQUE , L ENSEMBLE EST UNE GROSSE GOURMANDISE .

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