Conte de Noël : La fabrique aux jouets cassés

La frabrique aux jouets casses couverture

Il était une fois…

Dans un pays encore plus reculé et plus froid que la Laponie, seule au milieu de rien, se tenait une fabrique à jouets très très particulière…

Cette petite usine, pas si petite que ça, qui sentait bon le chocolat (il y faisait tellement froid que le seul moyen de se réchauffer était de boire tasse sur tasse d’un bon chocolat chaud…) était quasiment invisible puisqu’elle était ensevelie par une montagne de jouets qui étaient envoyés par convois entiers des quatre coins du monde. Mais pas n’importe quel jouet, des jouets très très particuliers… Des jouets cassés !

En effet, qui voudrait d’une poupée qui n’a plus de bras, d’une voiture téléguidée sans roues, d’un doudou tout décousu, d’un puzzle avec des pièces qui manquent… Enfin bref, d’un joujou sens dessus dessous !

L’idée de cette petite usine, pas si petite que ça, a germé dans la tête du Père la Boule un soir de veille de Noël où les étoiles brillaient encore plus haut dans le ciel. Alors qu’il se promenait la tête en l’air dans les rues de la plus jolie ville du monde en les admirant, il trébucha sur une poubelle malencontreusement renversée au milieu de la route. En se relevant avec difficulté, parce qu’il était tout de même très âgé, il tomba nez à nez dans les déchets sur une licorne dont la corne était brisée et un petit ourson dont le corps et la tête n’était plus rattachés. Une larme s’échappa de ses yeux embués, non pas parce qu’il avait eu mal en tombant, mais parce que les enfants jetaient leurs jouets cassés pour les remplacer par des jouets flambant neuf le soir suivant.

Il les mit donc sous son bras et continua son chemin tout en ruminant. A sa grande surprise, il trouva dans chaque poubelle de chaque maison des dizaines et des dizaines de jouets dont les enfants gâtés ne voulaient plus. Au bout de la rue, ce n’était plus deux jouets, mais un sac poubelle entier qu’il traînait avec la plus grande des difficultés.

Tant bien que mal, le Père la Boule, le trimbala jusqu’à chez lui, et resta éveillé toute la nuit pour redonner une nouvelle vie à ces pauvres jouets. Puisque cette licorne n’avait plus de corne, c’est qu’elle ne devait pas en avoir, il la peindrait de toutes les couleurs et elle s’appellerait Miguelita. Ce petit ourson qui n’avait plus de tête, c’est parce qu’il devait être un grand rêveur, il lui attacherait donc un nuage et il le nommerait Newton. Et chaque jouet eut droit à sa réparation et à un petit nom, pas si petit que ça. Au petit matin, Le Père la Boule avait accompli un travail titanesque et réparé tous les jouets qui le remercièrent de tout le mal qu’il s’était donné.

Miguelita n’arrêtait pas de s’admirer, Newton passait par toutes les émotions et chacun y allait de sa différence. Mais le plus dur restait à venir, leur trouver une maison ! Le Père la Boule eut donc la brillante idée d’appeler le Père Noël pour avoir des conseils. Mais vous imaginez bien que la veille de Noël, il devait être très très occupé. Après un temps infini à patienter il tomba enfin sur un lutin pas très très commode à l’autre bout du combiné qui voulut raccrocher. Comment ça, un vieux toqué qui voulait faire de l’ombre à son patron !

Avec obstination, le Père la Boule lui expliqua la situation et réussit à convaincre le lutin de l’aider. A la tombée de la nuit, il reçut dans un pli scellé très très peu… de magie ! Il regarda dans tous les coins comment il pourrait l’utiliser à bon escient quand il repensa à son vieux chariot à courses tout abîmé. Cela devrait faire l’affaire sans aucun doute. Et ni une, ni deux, il souffla le très très peu de magie sur les roulettes rouillées. Celui-ci se mit à voler ! Le Père la boule s’attela sans plus tarder, il devait faire vite s’il voulait distribuer les jouets avant le lever du jour.

“Allez, en route mauvaise troupe !”

Mais les jouets ne voulurent pas bouger. A quoi bon retourner dans un foyer où les enfants se moqueraient de leurs apparences parce qu’ils ne ressemblaient à aucun autre !

Le Père la Boule se mit à réfléchir, mais pas trop longtemps, parce que le temps était compté. Et il leur fit alors cette proposition :

“Et si, je vous distribuais aux enfants cassés ?”

“Les enfants cassés ça n’existent pas Père la Boule… “ soupirèrent en chœur les jouets.

“Faites-moi confiance et vous ne le regretterez pas !” Il leur fit un grand sourire pour les rassurer.

En traînant les pieds, tous les jouets furent empaquetés soigneusement. Lorsque le dernier fut chargé, le chariot de fortune démarra en trombe et le Père la Boule commença sa tournée. Au lever du jour, il avait distribué tous ses amis dans le monde entier et il rentra exténuer se coucher. Il s’endormit sur ses deux oreilles, heureux du travail qu’il avait accompli…

Seuls dans le noir, les petits jouets s’inquiétaient, qu’est-ce que le Père la Boule avait bien pu manigancer ! Mais au petit matin, lorsque les paquets furent déchirés et que le premier rayon de lumière les réveillèrent, tous les jouets furent on ne peut plus ravis ! Miguelita fut la seule et unique amie de la plus étrange des petites filles. Quant à Newton, il tenait compagnie à un petit garçon qui ne pouvait désormais plus se lever de son lit. Chacun y trouva son compte finalement.

Le Père la Boule de son côté se dit que cela serait dommage de s’arrêtait en si bon chemin. Quelque temps après Noël, il contacta donc le Père Noël qui était un peu moins occupé et il lui proposa son projet : la fabrique aux jouets cassés ! Le Père Noël salua son idée, de toute manière lui fabriquait des jouets et il n’avait sûrement pas le temps de s’occuper de les réparer.

Et c’est ainsi que le Père la Boule s’installa très très loin, dans un endroit où il pourrait stocker tous les jouets cassés et à loisir les réparer. Et si un jour, vous vous y rendiez, par le plus grand des hasards, vous y verriez que dans son atelier, il n’y a pas de lutins, mais des petites boules de Noël, pas si petites que ça, qui travaillent pour lui. Vous imaginiez bien qu’à elles aussi, il leur a redonné une seconde vie !

la fabrique à jouets casses - studio de creation - Qui a vole les tartes (4)Miguelita, la licorne sans corne & Newton, l’ourson qui a la tête dans les nuages… 
la fabrique à jouets casses - studio de creation - Qui a vole les tartes (5)Le nuage de Newton est relié à ses émotions, il neige quand il est rêveur, il pleut quand il est triste, il y a de l’orage quand il est contrarié et une éclaircie quand il est content…
la fabrique à jouets casses - studio de creation - Qui a vole les tartes (3)Le Père la Boule et son armée de boules de Noël qui travaillent jour & nuit…
la fabrique à jouets casses - studio de creation - Qui a vole les tartes (2)Les boules de Noël travailleuses ont été conçues spécialement par le Père la Boule pour réparer les jouets cassés et leur donner une seconde vie… 
© Ce contenu est soumis au droit d’auteur, selon les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sous peine de poursuite judiciaire.
2 commentaires sur “Conte de Noël : La fabrique aux jouets cassés”
  1. Merci pour ce très joli comte de Noël il est très émouvant et pour une fois nous parle de la différence de façon si poétique…Joyeux Noël ma fille chérie .

  2. Bonjour. Moi c’est Mickael, le boulanger qui part bientôt en Norvège. Joyeux Noël à vous, Châtelaine. Aujourd’hui je prépare un petit village en pain d’épices avec votre recette pour ma nièce. Je vous enverrai une photo et merci pour vos idées. Au revoir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>